Atelier
#03 –
Les grosses
données

Paris
13 février au 17 février 2017


Chaque jour, nous générons 2,5 trillions d’octets de données. 90 % des données stockées à l’échelle mondiale ont moins de deux ans. Celles-ci proviennent d’input
variés : capteurs climatiques, messages, images et vidéos publiées en ligne, géolocalisations, etc. Ces ensembles de données sont désignés sous le nom de Big Data, ensembles tellement grands qu’ils nécessitent de nouveaux outils pour les comprendre et en tirer du sens.

En 1997, Doug Laney décrivait les Big Data d’après le principe des «trois V»:
volume de données de plus en massif ;
variété de ces données qui peuvent être brutes, non structurées ou semi-structurées;
vélocité qui désigne le fait que ces données sont produites, récoltées et analysées en temps réel.

Face à ce phénomène, le graphisme passe souvent au second plan. Les contenus sont soit disponibles sous forme brute, soit mis en page selon des impératifs techniques
et suivant une vision du graphisme basée sur le fonctionnalisme de l’user experience.

Ces nouvelles problématiques et ces nouveaux enjeux impliquent de nouvelles méthodologies et de nouvelles collaborations. Que serait une mise en page conçue pour des contenus non encore connus et en perpétuelle évolution ? Comment hiérarchiser un contenu inconnu? Dans ces conditions quels critères de mise en page retenir?

Nouveaux usages, nouveaux outils

Signes se propose de questionner les problématiques nouvelles engendrées par le Big Data en expérimentant à partir d’un outil open source des mises en page en temps réel d’une masse de données, quelles qu’elles soient.

A travers un processus de mise en page pré-établi (formats, marges, colonnes, gouttières, relations textes images, traitements des textes, traitements des images, typographies, paginations, etc.), il est possible d’automatiser les tâches répétitives
de maquette, tout en expérimentant ses contraintes.

Signes propose d’associer graphistes et développeurs afin de confronter les possibles et de mettre en commun les savoir-faire de chacun tout en respectant le protocole suivant:

— Analyser. Dans un premier temps, il est nécessaire d’analyser et de questionner l’existant afin de délimiter les paramètres essentiels à toute mise en page.
Le phénomène n’est pas nouveau : à l’ère analogique, de nombreux contenus massifs ou fluctuants ont pu nécessiter, en leur temps, la mise au point de processus sur mesure pour être mis en page (dictionnaires, annuaires, documents administratifs, etc.).
— Choisir. Signes propose une mise au travail collective afin de définir des variables, des critères, des seuils de lisibilité, des possibilités programmatiques.
— Expérimenter / Créer. à partir d’un outil open source mis à disposition ou d’autres outils choisis, il s’agira de développer un processus de graphisme fonctionnel pour rendre compréhensible le Big Data et l’archiver.

Signes propose la mise en œuvre suivante :

1 – Proposition et choix d’un flux ou d’une masse de données (par exemple wikipédia, flux d’actualité, opendata...)
2 – Mise à disposition d’un outil pour faire évoluer des critères pré-établis (format, composition typographique, visuels...)
3 – Restitution instantanée du résultat et de ces évolutions à l’aide d’une imprimante matricielle.

Atelier #03 — les grosses données se tiendra à l’ECV Paris 1, rue du Dahomey, 75011 Paris Métro Faidherbe/Chaligny
5 jours de travaux et de recherches – 1 jour d’exposition – 1 édition

Programme

— Lundi 13 février
Introduction, présentation des enjeux, rencontre.
Intervention de Michel Wlassikoff : analyse de différents supports imprimés et synthèse.
Intervention de Open source publishing, Alexandre Leray et Stéphanie Vilayphiou :
la pratique de l’open source.

— Mardi 14 février
Intervention de Louis Eveillard.
Prise en main, tests et modifications de l’outil open source.

— Mercredi 15 février
Approfondissement des expérimentations.

— Jeudi 16 février
Travail collectif.

— Vendredi 17 février
Appréciation des travaux

— Samedi 18 février
Montage et vernissage de l'exposition dans un lieu parisien

Inscription

Pour soumettre votre candidature, il vous suffit de remplir le bulletin d’inscription ci-dessous avant le dimanche 29 janvier 2017 à minuit. Les dossiers seront examinés par les responsables de l’atelier, Bernard Baissait, Christophe Salaün et Tom Bücher, qui préviendront les candidats sélectionnés par email le mardi 31 janvier 2017.

Les participants retenus confirmeront leur inscription par le règlement des frais de participation d’un montant de 200 €, ainsi que par la signature d’un formulaire d’inscription. L’association Signes ne prend pas en charge les frais de restauration.

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Intervenants

Open Source Publishing est un collectif regroupant artistes, cartographes, typographes, écrivains, programmeurs et illustrateurs, autant de disciplines variées mais complémentaires. OSP interroge la pratique des logiciels libres et teste les possibilités des outils open source dans un environnement graphique professionnel. Né en 2006 sous l’égide de l’association bruxelloise Constant, OSP a été récompensé par un prix Fernand Baudin et un prix Plantin Moretus..

Louis Eveillard est designer et développeur indépendant. Il est co-fondateur de l’Atelier des Chercheurs, qui développe des outils open source pour encourager les pratiques réflexives et de Panoptic Lab, studio de design dans le domaine de la réalité virtuelle. Il est co-organisateur au Free Art Bureau, association dédiée à la promotion d’outils libres pour la création. Il participe à de nombreuses conférences, notamment aux Mardis de Lure, à L’ENSCI, à l’ENSAD ou encore aux Rencontres internationales de Lure.

Michel Wlassikoff est historien du graphisme et de la typographie, diplômé de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il enseigne à l'école Estienne et à Penninghen. Il a dirigé Signes, de 1991 à 1998, revue de référence dans le domaine du graphisme. Il a publié notamment les ouvrages : Signes de la collaboration et de la résistance (2002), Histoire du graphisme en France (2005), Mai 68 l’affiche en héritage (2008), Futura. Une gloire typographique (2011). Il a contribué au site Garamond.

Coordination

Bernard Baissait, Tom Bücher, Christophe Salaün assurent
l’organisation de cette initiative.
Michel Wlassikoff propose à chaque session un regard historique.
Yolaine Médélice est en charge de la communication.









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Archives

Atelier
#01 –
Vecteurs

En septembre 2015, l'association Signes inaugure Atelier, série de quatre workshops organisés autour de la question de l'outil, ouvert aux étudiants, jeunes diplômés
et jeunes professionnels. L’Atelier #01 — vecteurs propose aux participants
de s’approprier un langage de description graphique et une machine de type traceur
à plumes pour questionner les standards de la chaîne graphique et produire des œuvres originales. L'intérêt d'un tel environnement de travail est de pouvoir travailler à l'aide de vecteurs depuis la conception jusqu'à l'impression, sans passer par la médiation d'unités numériques comme le pixel. Ce projet sera nourri des échanges avec les graphistes
et les artistes encadrant l’atelier, et du dialogue entre participants. Plusieurs intervenants (graphistes, typographes, plasticiens) viendront apporter leur réflexion et leur regard
sur les travaux en cours. Les impressions produites tout autant que les recherches,
les essais, les comptes rendus des conférences, les échanges, les questionnements soulevés par l’outil feront l’objet d’une exposition dans un lieu parisien ainsi que
d’une édition.

Cet atelier se tiendra à l'école de Condé
7 rue Cambronne, Paris XVe
Métro Cambronne
Avec : Michel Derre, Alice Savoie, Frédéric Teschner et Michel Wlassikoff

Organisation : association Signes

Coordination : Bernard Baissait, Léo Coquet, Aymeric Dutheil

en savoir plus programme inscription




Une semaine d’atelier

Pour s’approprier l’espace de travail, les participants se connectent via wifi à l’ordinateur serveur et contrôlent en direct le traceur. La production graphique de chacun des participants — traduit en une suite d’ordres compréhensibles par la machine — prend son sens à l’impression.

Les objectifs de cette semaine d’atelier sont :
– s’approprier un moyen d’impression ouvert
– comprendre les contraintes et opportunités qu’offre un nouveau medium d'impression
– produire un travail graphique hors de la chaîne graphique standardisée
– mener une réflexion sur l’impression de son travail pendant sa conception
– créer ou adapter les outils d’impression en fonction de ses propres besoins
– s’impliquer dans les détails materiels du processus d’impression
(mélange des encres, des pigments, réglages de pression, de friction, etc.)

Une démarche d’auteur

Chaque participant réalisera un projet personnel sans contraintes autres que les impératifs imposés par l’outil. Ce projet sera nourri des échanges avec les graphistes et les artistes encadrant l’atelier, et du dialogue avec les autres participants, l’esprit d’équipe étant privilégié. Plusieurs intervenants (graphistes, typographes, plasticiens) viendront apporter leur réflexion et leur regard sur les travaux en cours.

Les impressions produites tout autant que les recherches, les essais, les comptes rendus des conférences, les échanges, les questionnements soulevés par l’outil feront l’objet d’une exposition dans un lieu parisien ainsi que d’une édition.

Une machine open-source

L’atelier #01 offre un nouvel environnement de création et d’édition à partir d’une machine d’impression de type traceur à plumes et d’un ordinateur « serveur » capable de piloter la machine sur un port série via une librairie logicielle. Le traceur est capable d’effectuer un certain nombre de taches élémentaires (prendre un outil, appuyer l’outil sur le papier, se déplacer en ligne, en arc de cercle, etc.), telles que définies dans la spécification ouverte HPGL. Ce traceur est suffisamment simple d’un point de vue technique pour accepter différents instruments graphiques (crayon, stylo, feutre, marqueur, pinceau, aérographe). La communication avec la machine s’effectue par la transmission directe d’ordres bruts, sans besoin de passer par un pilote ou une interface de configuration. La machine n’interprète pas, n’optimise pas, ne dénature pas. Elle se contente d'exécuter. Il ne s’agit pas d’une machine numérique, au sens ou elle n'échantillonne pas les images et n’utilise pas d’unités numériques comme le pixel. C’est un outil purement analogique, bien que commandé par informatique.

What you see is not what you get !

L’outil informatique contraint les graphistes à utiliser des solutions propriétaires. Les systèmes d’exploitation emploient des espaces colorimétriques propriétaires et se servent d’algorithmes de compression d’image développés et maintenus par de grands groupes industriels. Les formats de fichiers, pour la plupart propriétaires, n’offrent aucune transparence et interdisent toute portabilité du travail. Cette situation est encore plus problématique lorsqu’il s’agit d’imprimer. Les pilotes d’imprimantes sont parmi les logiciels les plus opaques qui soient. Les algorithmes d'échantillonage d’image, de conversion des modes colorimétriques, de gestion typographique contenus dans les imprimantes ne sont connus ni du grand public, ni des professionnels de l’image. Dès lors, le graphiste subit l’impression comme un processus passif.

Programme

Lundi 7 septembre
Introduction, conférence de Michel Wlassikoff, présentation des enjeux par Léo Coquet, présentation de l'environnement de travail

Mardi 8 septembre
Intervention de Frédéric Teschner

Mercredi 9 septembre
Intervention d'Alice Savoie

Jeudi 10 septembre
Intervention de Michel Derre

Vendredi 11 septembre
Appréciation des travaux

Samedi 12 septembre
Montage et vernissage de l'exposition

Dimanche 13 septembre
Exposition et conclusion

Intervenants

Michel Derre, né en 1955, calligraphe, dessinateur typographe, a contribué avec des agences et des studios graphiques (Jean Widmer notamment) à l'élaboration ou au développement de nombreuses identités de marques ou d'institutions (Air France, Institut du Monde Arabe, Loréal, Radio France, Shiseido, etc.) Il enseigne à l'ESAG Penninghen et est co-fondateur et animateur du DSAA Typo de l'école Estienne. Il poursuit ses recherches calligraphiques et dessine et développe des polices de caractères d’auteur.

Alice Savoie est diplômée de l'ésaa Duperré et de l’école Estienne, ainsi que d’un Master en type design et d’un doctorat de l’Université de Reading (RU). Depuis 2008, elle travaille en tant que créatrice de caractères – son caractère Capucine est distribué par la fonderie Process Type Foundry (USA). Elle enseigne le dessin de caractère à l’Atelier National de Recherche Typographique (Nancy) ainsi qu’au sein du post-diplôme Typographie et Langage à l’ésad Amiens.

Frédéric Teschner, né en 1972, est diplômé de l'école supérieure des arts décoratifs (ENSAD) de Paris, en 1997. Il débute sa carrière de designer graphique indépendant à partir de 2002. Depuis lors, il travaille régulièrement avec des architectes, des designers, des chorégraphes, des galeries d'art, des centres culturels, des musées ou des théâtres, comme récemment le Centre dramatique national Nanterre-Amandiers. Il est membre de l'AGI (Alliance graphique internationale) depuis 2010. Il a remporté le grand prix du Festival de l'affiche et des arts graphiques de Chaumont en 2012.

Michel Wlassikoff est historien du graphisme et de la typographie, diplômé de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il enseigne à l'école Estienne et à l'ESAG Penninghen. Il a dirigé Signes, de 1991 à 1998, revue de référence dans le domaine du graphisme. Il a publié notamment les ouvrages : Signes de la collaboration et de la résistance (2002), Histoire du graphisme en France (2005), Mai 68 l’affiche en héritage (2008), Futura. Une gloire typographique (2011). Il a contribué au site Garamond.




Coordination

Bernard Baissait est graphiste et enseignant, diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Après ses études il rejoint Jean Widmer en 1974 et travaille à la signalétique autoroutière et touristique encore en place aujourd'hui. En 1985, il fonde avec un associé l'agence Minium, agence de graphisme, et en 1990, il crée la Compagnie Bernard Baissait. Enseignant à l'ESAG Penninghen depuis 1998, il participe depuis 2011 au programme Egalité des chances en écoles d'art et de design à la Fondation culture
et diversité.

Léo Coquet est artiste et doctorant en Arts et Sciences de l'Art à l'université Paris 1 Panthéon - Sorbonne. Sa recherche porte sur l'image, son processus d'impression et les spécificités de la matérialité de l'image imprimée. Entre 2012 et 2013, il étudie au sein de la section Studio Art de la New York University. Il a notamment exposé à la galerie 80WSE à New York. Depuis 2014, il travaille par ailleurs au sein du collectif d'artistes ExposerPublier qu'il a fondé avec Caroline Sebilleau et Benoit Brient.

Aymeric Dutheil est graphiste et enseignant. Il travaille principalement dans les domaines de la presse et des nouveaux médias numériques. Son travail de recherche se concentre sur les nouvelles formes typographiques et les outils de création graphique.